Yellow Leaves est le deuxième album de June & Lula. La pochette du premier (Sixteen Times) sorti en 2010, était un brin trompeuse : les deux chanteuses (Céline et Tressy) étaient photographiées de dos. Mais en vrai, elles ne nous tournaient pas le dos. Bien au contraire : elles étaient prêtes à avancer, à décoller, à dévaler les collines (celle de la pochette et beaucoup d’autres) à la rencontre du public. Elles s’étaient rencontrées cinq ans plus tôt dans un groupe de lycée en Seine-et-Marne, puis avaient commencé à chanter ensemble par amour du vieux blues – la musique et le sentiment. Le public a succombé à la chaleur de leurs harmonies vocales, à la sincérité de leurs chansons puisées dans le folk américain ancestral, à leur façon généreuse et malicieuse d’en contourner les clichés.

Un petit tube (« My Girl ») et 150 concerts plus tard, June & Lula sont donc de retour avec Yellow Leaves qui, après le plan simple et serré du premier album, révèle le duo sous des atours plus amples, plus panoramiques.

On y retrouve bien sûr ces deux voix qui s’enlacent et croisent les fils (parfois barbelés) de la vie, tissent des chansons intimes et empathiques pour se protéger des aléas du quotidien, pour apaiser des blessures. « Nos textes partent du vécu », dit Céline. Des histoires parfois tragi-comiques, qui parlent de la mort et du deuil (« Near The Stars », « The Moon Talked Through The Wind »), de la violence faite aux femmes (« Naked Woman »), aux sans-abris (« Old Man Town »), aux Roms (« Billy ») – voire aux femmes et aux animaux dans la même chanson (« Revert To The Wild »). Des histoires qui disent la nécessité de relever la tête et de continuer à avancer, malgré tout. Des harmonies vocales contre les dissonances du monde, tout simplement.

L’inspiration est la même, mais les aspirations sont différentes. « On voulait éviter de refaire le premier album, on savait en composant qu’il y aurait plus d’arrangements et d’instruments, on avait envie d’un disque de groupe, avec un batteur, un bassiste, un deuxième guitariste », dit Tressy. Durant le premier semestre 2012, elles se posent chez Céline, dans l’Est de Paris, pour composer les chansons à deux. Et parfois, l’été venu, elles prennent une guitare et partent chanter dans le bois de Vincennes. Puis c’est la rentrée, en studio avec Robin Leduc à la réalisation (et aux surprises). « Au départ, on était encore dans une démarche assez minimale. On disait à Robin « surtout, pas trop d’arrangements ». Puis on s’est retrouvés à sept en studio ! Robin avait une idée précise et subtile des arrangements et du son. Il a une idée toutes les dix secondes, et en général elle est bonne ». Sur les 14 chansons de Yellow Leaves, on entendra donc des cuivres, des claviers, des nouveaux rythmes, du swing, plus d’électricité et de guitares (dont celle de Freddy Koella, le frenchy d’Amérique qui a accompagné Bob Dylan en tournée), la voix de rocaille du grand Dick Annegarn (en duo sur « Billy » et aux chœurs dans « No More »), et un caméo de Sanseverino (le solo de guitare sur « Clap Your Hands »), qui apprécie et soutient June & Lula depuis leurs débuts. Et ce deuxième album, c’est aussi une histoire de fidélité : Céline et Tressy ont gardé la fine équipe (producteur, label, tourneur, photographe, graphiste) de Sixteen Times.

Ce qu’on entend aussi sur Yellow Leaves, c’est le souffle du vent : les brises chaudes des voix, et des mini-tornades instrumentales qui emmènent les chansons ailleurs, loin de la redite et des plans prévisibles. « Couplet-refrain-couplet, ce n’est pas trop notre truc », explique Céline. Au final, Yellow Leaves décoiffe. Si le folky Sixteen Times était un parfait album de coin du feu, les chansons de Yellow Leaves ressemblent plus à des feu-follets pyromanes lâchés dans l’histoire de la pop. Le titre du deuxième album de June & Lula est donc un brin trompeur. Ce n’est pas l’automne, la chute ni le début de la fin : c’est un tourbillon de sève et de vie.

L’effeuillage de Yellow Leaves par June & Lula Old Man Town : « L’histoire d’un mec qui vit dans la rue, qui marche, tourne en rond et finit par être englouti par la rue ». Naked Woman : « C’est un morceau qu’on a composé il y a longtemps, dans la foulée du premier album. C’est l’image d’une femme qui se réveille, et qui sait qu’il lui est arrivé quelque chose… »

Cursed Waltz : « C’est la suite de la chanson « The Clown » du premier album. Dans « The Clown » il meurt, et là il est au paradis où il va ambiancer les chérubins ».

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